Abattre (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Battre ). VIII e siècle. Du latin populaire * abbat(u)ere, de battuere, « battre, frapper » .

I. V. tr.
1. Jeter à terre, faire tomber. Abattre un mur, des maisons, des arbres. Il abattit son adversaire d'un coup de poing. La tempête a abattu les lignes électriques. Il a abattu toutes les quilles d'un seul coup. Abattre un avion. Abattre des noix avec une gaule et, fig. et fam., Comme une corneille qui abat des noix, de façon bruyante et désordonnée. Abattre son jeu, ses cartes, les étaler devant les autres joueurs et, fig., dévoiler ses intentions. Abattre une carte, un atout, jeter cette carte, cet atout, sur la table. Abattre les angles d'un édifice, une arête, les arrondir.


Détacher d'un massif rocheux. Ces mineurs ont abattu une grande quantité de minerai. Par anal. Abattre de la besogne, de l'ouvrage, du travail, expédier en peu de temps beaucoup d'affaires, de travail. Fig. et fam. Ils ont abattu trois bouteilles de vin, il les ont bues en peu de temps. Un auteur qui abat ses vingt pages par jour. Prov. Petite pluie abat grand vent, la pluie, même fine, peut calmer la tempête et, fig., il suffit parfois de peu de chose pour apaiser une grande querelle ou mettre fin à une situation de crise.
2. Spécialt. Mettre sur le côté, coucher. . Abattre l'oiseau, l'immobiliser pour lui passer les jets.


Abattre un navire, l' en carène, le coucher sur un bord pour le réparer dans ses œuvres vives. Absolt. Abattre, se laisser dériver, ou sur tribord, sur bâbord, changer de direction en virant sur tribord, sur bâbord, effectuer une abattée.
3. Avec pour complément un nom d'animal. Tuer en faisant tomber d'un coup mortel. Ce chien était enragé : il a fallu l'abattre. Abattre des veaux. Par ext. Abattre quelqu'un, l'assassiner. On l'a abattu d'une balle dans le dos alors qu'il rentrait chez lui.
4. Fig. Faire tomber, réduire, anéantir. Abattre un ennemi. Abattre la résistance de l'ennemi. Abattre l'arrogance d'un adversaire. Par affaibl. Diminuer les forces physiques ou morales de quelqu'un. Cette forte fièvre l'a abattu. Il ne s'est pas laissé par ce coup du sort.

II. V. pron.
1. Tomber brusquement et, souvent, brutalement. Son cheval s'est abattu sous lui. Sous le choc, il s'abattit comme une masse. Le mât s'est abattu sur le pont. Spécialt. S' sur, se laisser tomber ou tomber sur quelqu'un ou quelque chose en provoquant un dommage. L'épervier s'abattit sur sa proie. Une grosse pluie d'orage s'abattit sur les moissons. Fig. Le malheur s'est abattu sur cette famille.
2. Tomber, s'affaiblir brusquement. Le vent, la tempête devraient s' avec la nuit.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme BATTRE.) Mettre à bas. "Abattre des maisons, des murailles, des arbres. Abattre par le pied. Il lui abattit le bras d'un coup de sabre. Ces moissonneurs abattent tant d'arpents de blé en un jour. Ces mineurs ont abattu tant de mètres cubes de minerai. Abattre des quilles." "La pluie abat la poussière. La violence du choc fut telle que l'arbre, que le mât s'abattit."
En termes de Marine, "Abattre un navire, l' en carène," Le mettre sur le côté, pour travailler à la carène ou à quelque autre partie qui est ordinairement submergée.
En termes d'Art vétérinaire, "Abattre un chenal, un boeuf," Le renverser sur un lit de paille, quand il doit subir quelque opération. "Ce cheval est fougueux, on est contraint de l' pour le ferrer."
Aux jeux de Cartes, "Abattre son jeu," Le mettre sur la table pour le montrer. On dit quelquefois absolument "Abattre."
Fig. et fam., "Abattre de la besogne," Expédier en peu de temps beaucoup d'affaires, beaucoup de travail.
Prov., "Petite pluie abat grand vent," Ordinairement, quand il vient à pleuvoir, le vent s'apaise. Cette phrase signifie au figuré Peu de chose suffit quelquefois pour calmer une grande querelle.
ABATTRE signifie aussi Assommer, tuer. "Ce chien était enragé : il a fallu l'abattre."
Il signifie au figuré Affaiblir physiquement et moralement. "Une fièvre continue abat bien un homme. Cette perte lui abattit le courage, abattit sa fierté. La moindre affliction l'abat. Rien n'abat comme une souffrance continuelle. Ces deux nations, ces deux puissances sont ennemies, elles font leurs efforts pour s' l'une l'autre."
S'ABATTRE se dit particulièrement d'un Cheval à qui les pieds manquent et qui tombe tout d'un coup. "En galopant, son cheval s'est abattu sous lui."
Il se dit aussi d'un Oiseau qui descend avec rapidité vers quelque but. "Une volée de pigeons s'abattit sur mon champ. L'épervier s'abattit sur sa proie." On dit dans le même sens "Un orage terrible va s' sur nous."
"Le vent s'abat, s'est abattu, est abattu," Il s'apaise, il est apaisé.
"Aller, courir à bride abattue." Voyez BRIDE.
Le ABATTU, UE, s'emploie aussi adjectivement. "À la suite de cette catastrophe, je l'ai trouvé bien abattu."
Fig., "Un visage abattu," Un visage où se peint l'abattement.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Jeter à terre d'une façon quelconque. Abattre un cheval, un cavalier. Abattre des olives, des noix. Abattre un arbre. Abattre une maison. Il lui abattit une main d'un coup de sabre. Abattre la tête. Il l'abattit d'un coup de fusil. Ce chasseur abat bien du gibier.
BOURD.: « Puisque l'arbre est si près de sa chute et que le coup qui doit l' va bientôt partir et le renverser.... »
BOURD.: « C'est ainsi qu'il abat de leur trône les potentats qui se confiaient en leur pouvoir »
CORN.: « Pour le faire tomber, j'abattrai son appui »
CORN.: « Il a de votre sceptre abattu le soutien »
CORN.: « Et j'abattrai d'un coup sa tête et son orgueil »
BOILEAU: « Les livres sur Évrard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux »
VOLT.: « Sous le glaive étranger j'ai vu tout abattu »
RAC.: « Chacun se disputait la gloire de l'abattre »
LAMART.: « .... mais, lorsque tu m'abats, Je me relève encor pour insulter ton bras »
FÉN.: « Comme la pluie abat et fait languir le soir une fleur qui était le matin, pendant la naissance de l'aurore, la gloire et l'ornement des vertes campagnes »

 2   Fig. Abattre la puissance romaine. Il résolut d' celui qui l'avait élevé. Dieu abat les puissants. Ce combat avait abattu les forces des ennemis.
BOSSUET: « L'orgueil des Chaldéens est abattu »
BOSSUET: « Le peuple romain, ayant abattu les Gaulois et les Africains, ne voit plus rien à craindre et combat dorénavant sans péril »
BOSSUET: « Les victoires de Léonce avaient abattu les Sarrasins et rétabli la gloire de l'empire en Orient »

 3   Laisser tomber, abaisser. Abattre sa robe. Il abattit sa toge.

 4   Faire retomber. Abattre la poussière. Abattre les bouillons d'un liquide en ébullition.

 5   Oter les forces du corps ou de l'âme, faire tomber. Abattre les forces d'un malade. La moindre fièvre l'abat. Abattre le courage. La peur nous abat. Le sage ne se laisse pas par le malheur. Abattre l'audace, l'insolence. La pluie, dit-on, abat le vent.
BOURD.: « Me laissant à la plus légère infirmité qui m'arrive »
BOURD.: « On lui en cache une partie, afin de ne le pas étonner dès l'entrée de la carrière et de ne lui pas le coeur »
SÉV.: « Elle est tellement abattue de la perte de M. de la Rochefoucault »
RAC.: « Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté »
CORN.: « .... tu ne prétends pas qu'il [le destin] m'abatte le coeur Jusqu'à te rendre hommage et te nommer seigneur »
CORN.: « Abattons sa superbe avec sa liberté »
ID.: « Et du premier revers la fortune l'abat »
PASC.: « Les pensées pures qui le rendraient heureux, s'il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent »
FÉN.: « Le vrai courage ne se laisse jamais »
FÉN.: « Pour leur orgueil »
MASS.: « La prospérité nous élève, l'affliction nous abat »
MASS.: « La plus petite mortification abat votre corps »
    Prov. Petite pluie abat grand vent, c.-à-d. peu de chose suffit pour calmer une grande querelle.

 6   Police. Mettre à mort, en parlant d'animaux.

 7   Abattre du bois, ou de la besogne, faire beaucoup d'ouvrage.

 8   En termes de marine, un navire, le mettre sur le côté pour le réparer. Abattre, v. n. se dit d'un bâtiment qui tourne sur lui-même autour de son axe vertical. Le navire abat.

 9   Au jeu de trictrac, du bois, jouer beaucoup de dames de la pile, afin de caser plus aisément.

 10   Aux cartes, son jeu, le mettre sur table pour le montrer.

 11   Fauconn. Abattre l'oiseau, le tenir serré entre les deux mains pour lui faire prendre quelque médicament.

 12   Corroierie. Abattre les cuirs, dépouiller les animaux tués.

 13   Vétérinaire. Abattre un cheval, le coucher sur un lit de paille, dans une position favorable soit pour l'opérateur, soit pour l'opération.

 14   En maréchalerie, du pied, enlever une partie de corne qui est sur la face inférieure du sabot. C'est avec le rogne-pied ou le boutoir que le maréchal abat du pied.

 15   Manége. Abattre l'eau d'un cheval, essuyer l'eau d'un cheval lorsqu'il sort de l'eau ou lorsqu'il est en sueur.

 16   Abattre la frisquette et le tympan, se dit du mouvement que fait l'imprimeur après que sa feuille a été placée sur le tympan.
    S'ABATTRE, v. réfl.

 17   Se jeter à terre, et aussi tomber, descendre en volant. Ces deux rivaux veulent s'abattre. Le cheval s'étant abattu. Le vautour s'abattit sur.... Aigle qui s'abat doucement. L'oiseau s'abattit mourant.
LA FONT.: « De la force du coup pourtant il [le sanglier] s'abattit »
CORN.: « Si dessous sa valeur ce grand guerrier s'abat »
BÉRANG.: « Nous comparions notre France à la Grèce, Quand un pigeon vient s' à nos pieds »
BOSSUET: « Il est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement »

 18   S'apaiser. Le vent s'abat. Son ressentiment s'abattit peu à peu.
MAIR.: « Dès le premier effort sa colère s'abat »

SYNONYME
    ABATTRE, DÉMOLIR, RENVERSER, RUINER, DÉTRUIRE. Idée générale, faire tomber. L'idée propre d' est celle de jeter à bas : on abat ce qui est élevé, haut. Celle de démolir est de rompre la liaison d'une masse construite : on ne démolit que ce qui est bâti. Celle de renverser est de mettre à l'envers ou sur le côté, ce qui était bien placé ou debout, droit, sur pied : on renverse ce qui peut changer de sens et de direction. Celle de ruiner est de faire tomber par morceaux : on ruine ce qui se divise et ce qui se dégrade. Celle de détruire est de dissiper entièrement l'apparence et l'ordre des choses : Le temps détruit tout, GUIZOT.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     L. de Guill. 19: Ki abate femme à terre pur faire lui force....
     Ch. de Rol. 267: De Saragoce [il] a la porte abatue
     ib. 243: Mort il l'abat sur un buisson petit
     ib. 8: Ô ses cadables les turs [il] en abatiet
    XIIème siècle
     Ronc. p. 137: Des abatus est la terre jonchée
     ib. p. 197: Diex sait bien du felon la bobance
     ib. p. 61: En mi la place [il] l'abattout estendu
     ib. p. 27: .... lor orguels qu'est si grans Fust abatus....
     Saxons, 19: Il [les guerriers] fauchent et abatent com vilain en essart
     ib. 11: Toute plaine sa lance [il] l'abat mort au sentier
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Et li Venicien firent abatre les murs et les tors »
     l'Escoufle: S'il [le faucon] abat aue [oie] ou autre oisiel
HUES DE LA FERTÉ: « Li cuens [comte] de Champaigne Et li rois d'Espaigne Fussent vil et abattu, Et France fust en vertu »
     ib. p. 72: Je m'ocirai s'autres que Garin m'ait [pour femme] ; Dieus le me doint ! Tous ces maus [il] abatrait
     Berte, 2: Maint chastel abatu, mainte vile essilie [ruinée]
     Ass. de Jér. I, 189: Le servise que il li fera doit estre conté raisnablement et abatu de la dette
     Livre de justice, 6: Il est tenu et gardé à droit que les lois soient abatues par desacostumance
     Rom. de Mahomet, 51: Mahom [Mahomet], chou [ce] dist li sains hermites, Tu desloiaux et pleins de rage, Abateras saint mariage
     la Rose, 274: Et s'il iere si bien apris Qu'el [l'envie] ne peüst de tot son pris Rien abatre ne desprisier....
JOINV.: « Et dit l'en que ces choses viennent du paradis terrestre, que le vent abat des arbres qui sont en paradis »
JOINV.: « Iceulx Blancs [Manteaux, ordre religieux] furent abatus au concile de Lyon, que Gregoire le Xe tint »
DU CANGE: « L'an mil deux cens soixante trois furent abatus li mansois [sorte de monnaie] »
    XIVème siècle
DU CANGE: « Toutes autres monnoyes soient abatues [démonétisées] »
    XVème siècle
FROISSART: « Les cardinaux apaisoient les Romains et abatoient leur ire ce qu'ils pouvoient »
CH. D'ORLÉANS: « Et à mes pieds t'a abattu à terre »
    XVIème siècle
CALVIN: « Il faut dire que le zele est bien debile, quand il s'abat pour si peu »
CALVIN: « Le sacrifice plaisant à Dieu est un esprit abbatu »
AMYOT: « Les chevaux s'en coururent à bride abbatue avec leur charriot devers la ville de Rome »
AMYOT: « Valerius fait sa maison et la razer jusques en terre »
AMYOT: « L'on commencea à user d'engins de baterie pour abbatre grosses murailles »
AMYOT: « Elle fit serrer les portes et abbatre les grilles et les harses qui se fermoient à grosses serrures et fortes barrieres »
DES PÉRIERS: « Il fut contraint d' sa barbe »
MONT.: « Les forces abbattues par l'aage »
MONT.: « Les courages sont abbattus »
MONT.: « Il m'advient souvent en telle sorte de propos abbattus et lasches, propos de contenance, de.... »

ÉTYMOLOGIE
    À et battre ; bourguig. aibaitre ; wall. abate ; provenç. abatre ; catal. abatrer ; espag. abatir ; ital. abbattere.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE ABATTRE. Ajoutez :

 15   V. n. Faire effort sur l'extrémité d'un levier, en l'abaissant près de terre, de manière à faire tourner un treuil horizontal. Ce mot s'emploie principalement dans la manoeuvre de la chèvre ; on emploie, dans l'artillerie, pour déterminer ce mouvement, le commandement : Abattez.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Battre.") Mettre à bas, renverser à terre, faire tomber. "Abattre des maisons, des murailles. Abattre des arbres. Abattre par le pied. Les grands vents abattirent bien des chênes dans la forêt. Il a fait , il a abattu son bois de haute futaie. Il le prit rudement au collet, et l'abattit sous lui. Il lui abattit la tête de dessus les épaules. Il lui abattit le bras d'un coup de sabre. Ce cheval est fougueux, on est contraint de l' pour le ferrer. Ces moissonneurs abattent tant d'arpents de blé en un jour. Abattre des quilles. La pluie abat la poussière."
En termes de Marine, "Abattre un navire, l' en carène," Le mettre sur le côté, pour travailler à la carène, ou à quelque autre partie qui est ordinairement submergée.
Au Jeu de trictrac, "Abattre du bois," Jouer beaucoup de dames de la pile, afin de caser plus aisément. Il se dit aussi au Jeu de quilles, et signifie, Abattre bien des quilles.
Fig. et fam., "Abattre bien du bois," Expédier beaucoup d'affaires en peu de temps. On dit de même, "Abattre de la besogne."
Aux Jeux de cartes, "Abattre son jeu," Le mettre sur la table pour le montrer. On dit quelquefois absolument, "Abattre."
Prov., "Petite pluie abat grand vent," Ordinairement, quand il vient à pleuvoir, le vent s'apaise. Cette phrase signifie figurément, Peu de chose suffit quelquefois pour calmer une grande querelle.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, Assommer, tuer. "Ce boucher abat bien des boeufs. Ce chasseur abat bien du gibier."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Affaiblir, diminuer, abaisser, faire perdre les forces, le courage. "Une fièvre continue abat bien un homme. Cette maladie a bien abattu ses forces. Cette perte lui abattit le courage, abattit son courage, sa fierté. La moindre affliction l'abat. Rien n'abat comme une souffrance continuelle. Ne vous laissez pas par la douleur."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie avec le pronom personnel. "La violence du choc fut telle que l'arbre, que le mât s'abattit. Ces deux maisons, ces deux puissances sont ennemies, elles font leurs efforts pour s' l'une l'autre."
Il se dit particulièrement D'un cheval à qui les pieds manquent, et qui tombe tout d'un coup. "En galopant, son cheval s'est abattu sous lui. Le terrain est glissant, si vous poussez votre cheval, il s'abattra."
Il se dit aussi D'un oiseau qui fond, qui descend avec rapidité sur quelque chose. "L'épervier s'abattit sur sa proie. Une volée de pigeons s'abattit sur mon champ." On dit dans le même sens, "Un orage terrible va s' sur nous."
"Le vent s'abat, s'est abattu, est abattu," Il s'apaise, il s'est apaisé, il est apaisé.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou ABATRE, v. act. ["Abatre", bref, 3e. "e" muet.] Au "propre", mettre à bâs, faire tomber; au "figuré", affoiblir, faire perdre les forces, le courage: '"abatre des" arbres, "des" maisons, "des" murailles: '"abatre" le courage: 'cette maladie "a" bien "abatu" ses forces: 'cette perte "a abatu" sa fierté; "lui a abattu le" courage. Remarquez le 2e. régime du dat. "lui" dans la derniere phrâse.
   ABATRE "bien du bois" (st. prov.) se dit d'un homme qui fait bien de la besogne; d'un Juge qui expédie beaucoup de procès; d'un joueur de tric-trac, qui tire du talon beaucoup de dames, etc.
   S'ABATRE, au propre se dit du cheval à qui les pieds manquent et qui tombe tout d'un coup; et du vent qui s'apaise, qui est apaisé; le vent "s'abat", il "est abatu".
- "Richelet" le met au figuré, perdre courage, se laisser acabler. On dit plutôt "se laisser abatre", et "Richelet" le met ainsi dans l'exemple qu'il done.
- Il régit la prép. "à": 'Il "se laisse abatre à" la moindre affliction.




Emplacement dans le dictionnaire :

abatis
abattable
abattage
abattage
abattant
abattement
abatteur
abattis
abattoir

abattu
abattue
abatture
abbatial
abbatiat
abbaye
abbé
abbesse
abc
abcédé
abcéder




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...de choir, et les faire s'abîmer avec elle. Terrassé par un grand garçon, il savait réunir ses vigueurs entières pour déboîter la jambe rivale de son point d'appui, et faire tout à coup chanceler, s'abattre le vainqueur, eût-il fallu pour cela souffrir l'étranglement, étouffer sous le poids d'un corps, en silence, pendant la préparation du geste libérateur. Bientôt ils l'estimèrent dangereux, ces...


Citation n°2 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...à coups de pistolet contre les hussards de l'électeur, au milieu de la forêt noire, certains papiers de l'illuminisme qui, si j'eusse succombé, auraient offert à la justice des tyrans le prétexte d'abattre les têtes par centaines. à ce jeu, je dissipai presque tout le bien que m'avait légué une chère épouse. En 1790, la vieillesse commençait à pâlir ma figure ridée par les grimaces habituelles aux...


Citation n°3 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...agitation fébrile l'empêchait encore de demeurer en place ; une fois de plus, il errait au travers de ses pièces, essayant, les uns après les autres, tous les sièges. De guerre lasse, il finit par s'abattre devant son bureau et, appuyé sur la table, machinalement, sans songer à rien, il mania un astrolabe placé, en guise de presse-papier, sur un amas de livres et de notes. Il avait acheté cet...


Citation n°4 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)

...que, venue du fond de l'horizon, du fond de ces bois décriés, une volée d'orfraies, à grand bruit d'ailes, passa, en criant d'horribles syllabes inconnues, au-dessus de ma tête. Elles allèrent s'abattre sur le toit du presbytère et sur le clocher dans l'éloignement : et le vent m'apporta des cris tristes. Ma foi, j'eus peur. Pourquoi ? Qui me le précisera jamais ? J'ai vu le feu, j'ai touché de la...


Citation n°5 de Jean JAURÈS (Études socialistes)

...peut-être donner pour quelque temps à la révolution une direction antibourgeoise, nous pouvons détruire les conditions essentielles de la production bourgeoise : mais il nous est impossible d'abattre la petite bourgeoisie. Obtenir autant que possible, voilà ma devise. Nous devons empêcher aussi longtemps que possible après la première victoire toute organisation des petits bourgeois, et...


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